Expositions
Jean Robinet : La Plume et la Charrue

"Que de monde fait frissonner ce solstice d'hiver! Pluies en perspective, neiges, verglas, ciels gris. Ah! vite que l'on s'encoigne auprès du feu!

Hiver! Morte-saison dit-on, des paysans, grand repos de la nature ... Mots qui sont autant de leurres ...

Et tous les blés qui lèvent, la terre en gestation où s'accomplissent tant de mystères, les moissons, en puissance sous la neige parmi nos plaines! ... Que d'émouvants poèmes, en ce pays et en cette saison !"

Jean Robinet
Ombres et lumières, mémoires
Collecter la mémoire de toute activité humaine :

Quelle activité peut être plus fascinante que celle du spectacle, presque impalpable pour tout ce qui fait son mystère, les joies et les frissons quelle procure ?

Christophe Jobard a recueilli par l'image les traces les plus visibles, mais aussi les plus fragiles de leur usage, de ces lieux conçus depuis près de trois siècles pour recevoir et envoûter le public de la Haute-Marne.

Aux origines le théâtre est avant tout itinérant, s'installant sur les parvis des églises, les places des marchés et les champs de foire. S'y ajoutent plus tard des sites permanents, aménagés de façon rudimentaire : ainsi à Joinville, les comédiens jouent en 1632 au 1er étage des halles.

Le développement du goût pour de tels spectacles en particulier auprès des classes aisées, et la recherche de la sécurité et du confort du public permettent ensuite la construction de bâtiments spécifiques. ce mouvement se dessine dès les règnes de Louis XV (théâtre privé de Voltaire au château de Cirey) et de Louis XVI (Langres), s'amplifie sous la révolution, avec l'utilisation d'édifices désaffectés (telle l'église des Capucins de Chaumont) et atteint son apogée sous la Monarchie de Juillet (Langres, Wassy) et le Second Empire (Saint-Dizier), dans le cadre plus général d'une politique d'urbanisme communal. A ces théâtres, rénovés sous la Troisième République, a succédé de nos jours une nouvelle génération de salles municipales pour des usages multiples et un public plus nombreux.

Le cinéma a suivi une évolution comparable. C'est en 1911 que débute l'aménagement en salles fixes de dépendances d'hôtels ou de cafés; parallèlement, après la première guerre mondiale, des préoccupations éducatives et d'action sociale suscitent l'apparition des cinémas de patronnage (Joinville, Saint-Dizier, Langres ...), d'usines (Brousseval, Wassy, Froncles, Bayard) ou même de syndicats. La modernisation régulière de ces établissements connaît sans doute une de ses plus grandes réussites entre 1945 et 1960 comme en témoigne la construction des dernières salles des circuits commercial (les Vox de langres et de Chaumont, les Idéal Cinéma et Modern' Cinéma de Bologne, Doulaincourt ou Wassy) et associatif (le Relax de Chaumont et le Familial de Chalindrey). La phase de déclin due à la baisse de féquentation du public amène la fermeture de la plupart des cinémas (1970-1992) et la réorganisation des autres par la division en multisalles (1978-1981) et la concentration des entreprises.

musée de Chaumont
musée de Langres
Joinville : château Grand Jardin
accueil
Lionel Gallois